 |
LENDZEYI
Les langues du monde ont-t-elle seulement une origine adamique ?
|

"La question de l’origine des langue et plus loin celle des cultures puisque, celles-ci sont véhiculées par celles-là, occupent aujourd’hui des débats passionnés tant chez les linguistes que chez les anthroplogues que chez les généticiens ou archéologues. Au point que l’on ne s’accorde pas encore sur une origine unique pour les langues du monde. Beaucoup pensent qu’elles ont leur source unique dans le Jardin d’Eden, c’est l’origine adamique des langues qui sous-tend le monognitisme. en face se trouvent des thèses contraires qui posent que les langues du monde ne sauront avoir une origine autrement que plurielle : c’est le polygénitisme. Il nous apparaît important de faire le tour de la question en partant de Babel pour estimer , tout en restant neutre, les arguments des uns au regard des contre arguments des autres" !
Les langues dites naturelles constituent une réalité à la fois familière et étrange. Familière parce que l’homme ne se conçoit autrement que comme sujet parlant (une langue) par opposition aux autres espèces vivantes dont il se distingue au moyen de cette faculté infailliblement. Etrange parce que la langue nous offre aujourd’hui encore autant de mystères que de problèmes résolus. Au titre de ces problèmes pour le moins sujet à controverse, se pose celui de son orgine que retrace notamment le mythe de Babel et qui divise fortement les intellectuels appartenant ou non aux mêmes obédiences scientifiques comme on le remarque chez les linguistes. Pour les uns, ils faut parler de la langue en terme de monogenèse (origine unique de la langue) ; quand d’autres soutiennent le contraire donc la polygenèse. Ce débat, objet de spéculations variées et séculaires, fut exclu des premiers statuts de la Société de Linguistique de Paris (SLP) en 1866. Aujourd’hui, il semble « revenu au goût du jour en se déplaçant d’un ’non espace’ de réflexion linguistique vers un carrefour interdisciplinaire où elle rencontre d’autres problématiques ayant leurs exigences propres. » C’est à partir de ce « ’non espace’ de réflexion linguistique » que nous discuterons de l’origine unique ou plurielle des langues. Nous y verrons en outre pourquoi les langues prennent des formes différentes et pourquoi elles changent sans cesse d’un espace à un autre. Mais, il conviendrait que l’on s’interrogeât d’abord sur le mythe de Babel en lui même.
Après le cataclysme mondial du déluge que retrace le livre de la Genèse (chapitre 11, versets 1 à 9), seul Noé et les siens survécurent. Ainsi, il n’y avait aucune différence quelle qu’elle fut ente Noé et les siens. Ils vivaient dans la même région, la Mésopotamie, se mariaient entre eux et devinrent nombreux. Puis leur vint l’idée de construire une grande tour qui verrait son faîte dans les cieux. « Alors Dieu envoya un jugement, un châtiment : la confusion (Babel en hébreu). Les hommes ne se comprenant plus ont abandonné le chantier, et se sont rassemblés par groupes linguistiques puis Dieu les a disséminés dans toutes les directions. » Se créent alors les races, les ethnies, les frontières linguistiques... Voici donc le mythe de Babel, une légende portant sur la dispersion et la diversification des langues. Ce mythe « révèle notre surprise devant la multiplicité des langues parlées ainsi que le regret de cette langue ’adamique’ perdue par les hommes qui s’étaient pourtant ligués pour construire cette tour afin de monter assez près du Ciel pour pouvoir écouter parler les dieux... » Le mythe de Babel donne une origine intéressante à la question de la diversité dans son acception la plus large.
Il convient maintenant de voir comment se pose le débat en linguistique entre monogenèse et polygenèse. On compte actuellement 6000 langues dans le monde (ou 4 à 5000, puisque le débat entre ce qui est langue d’une part ; patois et dialecte d’autre part n’est pas encore tranché en l’état actuel des recherches en linguistique). Ces langues présentent très souvent des ressemblances entre elles au point que la question sur la langue originelle de l’homme ou langue ’adamique’ devient la préoccupation de nombre de chercheurs et, particulièrement des linguistes. Ainsi, en consultant les correspondances de M. RUHLEN et J. BENGTSON mentionnées dans l’article de Pierre BRANCEL (correspondances que nous rendons dans le tableau ci-après pour plus de clarté).
Proto-Bantu Français contemporain
*bokÒ « bras » *bàdĺ « deux »
Proto-Indo-Européen Français contemporain
*bhagūs « avant bras, coude » *pol « moitié, côté »
Au regard de ce tableau, nous constatons que des mots de sens identique ou proche se ressemblent phonétiquement dans plusieurs langues. A ce niveau, il ne serait pas oser de postuler que leurs phonèmes respectifs pourraient provenir du même mot d’une langue originelle, ancêtre de toutes les langues, donc de la langue ’adamique’. Chaque mot proto est précédé du signe* ceci pour dire que la reconstruction a été attestée. Le *b du proto-bantu correspon, dans la première comparaison à un *bh proto-indo-européen ; et, dans la seconde, à un *p proto-indo-européen. Les correspondances *b/bh et *b/p sont toutes phonétiquement plausibles comme l’attestent d’ailleurs nombre de langues en Europe ou encore les correspondances régulières de GRIM :
Sonores (b) d g Sonores aspirées
bh dh gh
Sourdes
p t gh
Sonores et Glottalisées (p’) t’ k’
Sonores aspirées
b/bh d/dh g/gh
Sourdes/Aspirées
p/ph t/th k/kh
C’est fort de cela que l’on parle de langues soeurs, cousines... à partir desquelles les spécialistes des reconstructions tentent d’atteindre la langue source de toutes les autres, la proto-langue, la langue mère. Cette entreprise est menée de mains de maître par des anglo-saxons en tête desquels se trouve Merritt RUHLEN. Sa méthode pour arriver à faire admettre une langue originelle est radicale. Elle consiste à comparer le vocabulaire de base de différentes langues. En donnant des exemples concrets que le lecteur est invité à analyser lui-même. Il regroupe les langues en familles, puis en familles de familles, et ainsi de suite jusqu’à un regroupement global. Cette classification (arborescente) serait la preuve de l’existence d’une langue mère dont il donne d’ailleurs une vingtaine de racines reconstruites, telles kuan « chien (sur lequel on reviendra dans le tableau restreint par nous à cette seule unité), teku « jambe, pied », tik « doight, un », tika « terre »...
Chien (loup, renard...) Protolangue originelle kuan
Proto-indo-européen kwon
Langues afro-asiatiques kano, kana, kene, kunano
Langues amériendiennes kuan, kwan, kiano
Vieux turc qanciq
Proto-ouralien kÜjnä (loup)
Mongol qani (chien sauvage
Il est manifeste de constater avec RUHLEN que les ressemblances sont flagrantes. Ainsi, les langues proviendraient toutes d’une même zone, Celle-ci n’est pas encore déterminée avec précision. Cependant les trois scénarios que présente le « goulot d’étranglement » sont une tentative plausible
- Le langage est né dans les différents groupes d’Homo sapiens modernes, après leur dispersion géographique ;
- Il apparaît dans le groupe de nos ancêtres il y a 100 000 ;
- Il existe déjà dans plusieurs branches d’Homo sapiens archaïques. En outre, André LAGANEY dans une optique génétique, semble donner raison à RUHLEN. En effet, des séquences d’ADN humain provenant d’individus de toutes les régions du globe se ressemblent alors que ce n’est pas le cas chez des chimpanzés rassemblés artificiellement dans un zoo. « Cette similarité dénoterait d’ une origine commune récente de l’humanité actuelle, et montre aussi que la population ancestrale d’où venaient tous ces lignages d’ADN est passée par un minimum démographique de quelques dizaines de milliers d’individus...Si cette hypothèse est vérifiée, la probabilité d’une protolangue unique augmente. » Cependant, tous les linguistes ne partagent pas le même enthousiasme pour le monogénisme linguistique. Les tenants d’une origine plurielle de la langue ou polygenèse, mette l’accent sur les différences qu’on observe d’une langue à une autre et de faite, séparent les langues en des entités indépendantes les unes des autres. Leur démarche ne récuse pas l’existence de familles de langues comme on pourrait être tenté de le croire de façon empirique. Il postule plutôt pour ce que Colin RENFREW a appelé « une taxinomie éclatée » et se distinguent ainsi des « synthétistes, tenants d’une classification globalisante ». Ici, admettre que deux langues fassent partie de la même famille exige qu’elles partagent une longue série de ressemblances qu’on retrouverait notamment dans la famille d’appartenance présumée. Cette méthode diffère de celle des « synthétistes (qui) choisissent des critères » leur permettant de rassembler plusieurs langues dans un petit nombre de familles. Notons que cette opposition semble un simple débat d’école, car en dépit de ce que les uns « séparatistes » reprochent aux autres « séparatistes » ou inversement, plusieurs familles linguistiques sont aujourd’hui encore acceptées tout comme le déné-caucasien qui regroupe des langues provenant d’Europe de l’ouest, d’Asie, d’Amérique du Nord autrefois dépourvues de toutes parenté comme le basque. Pour les premiers cités, il ne saurait de protolangue unique pour toutes les langues du monde car les premiers hommes modernes ne possédaient que la faculté de parler. Pour eux, les langues comme il nous est possible de les distinguer aujourd’hui ne se seraient développées que de façon indépendantes chez les peuples du monde après Babel ou la « confusion » créée par Dieu entre eux. On retient quatre grandes migrations :
- Il y a 100 000 ans, les hommes auraient commencé à conquérir le monde en partant de l’Afrique. Certaines langues comme le basque, le caucasien, le khoïsien... ;
- Le développement de l’agriculture a permis l’augmentation des population et la dispersion des langues et leur évolution en donnant de grandes familles comme l’indo-européen, le sino-tibétain... ;
- Diffusion due aux variations tardives du climat. Le réchauffement du climat ouvrit aux pionniers des régions inhabitées. Leurs langues se développèrent pour donner l’ouralique-kamtchadal, l’esquimau aléoute ... ;
- Domination d’une élite. Les peuples plus forts vont imposer leur langue. C’est de cette façon que s’est répandit la famille altaïque ou d’anciennes familles comme l’indo-européen, et le sino-tibétain. Ainsi du fait des migrations, les peuples se transmettent naturellement des particularités linguistiques en même temps que les langues changent. En ancien français, on disait hospital. Le français moderne a fait tomber le ’s’. Désormais, on va à l’hôpital. Mais de plus en plus, on tend à dire l’hosto pour signifier la même réalité.
Le sujet a revêtu un intérêt scientifique avéré. Il était question à partir du mythe de Babel de discuter autour de la monogenèse et de la polygenèse en linguistique. Nous avons tout d’abord retracé dans le cadre du livre de la Genèse le mythe avant d’explorer le monogénisme qui postule l’existence d’une protolangue à partir de laquelle toutes les langues humaines actuelles auraient dérivé. C’est le cas de chercheurs comme Meritt Ruhlen qui tentent de remonter les racines étymologiques des langues pour en trouver une commune Cette méthode permet de remonter avec assez de certitude à quelques milliers d’années grâce aux traces écrites des langues. On construit ainsi un véritable arbre généalogique où l’on peut mettre en relation les langues entre elles : le latin est la langue mère du français, le polonais une langue fille du slave occidental, l’écossais et l’irlandais des langues sœur de mère gauloise, les langues indiennes des langues cousines des langues iraniennes, etc. D’autre part, le polygénisme, affirment que les premiers hommes modernes ne partageaient que le potentiel de la faculté de parler. Les langues concrètes ne se seraient développées qu’après leur dispersion, de manière indépendante chez différents groupes d’Homo sapiens. Enfin, nous avons vu que les langue depuis la confusion qu’a suscitée Babel ne cessent de changer et d’évoluer. Peut-on attester avec André WENIN que le récit de la Pentécôte vient éteindre le courroux de Dieu ?
|
|
|
|
 |
Les maux dont souffrent les sciences du langage et des langues en Afrique, cas de l'université gabonaise
|

De la découverte du sanskrit (officiellement par sir William JONES en 1786) aux Ecrits de linguistique générale de Ferdinand de SAUSSURE en passant par le Cours de linguistique générale publié en 1916 et rédigé par les disciples de celui-ci à partir de leurs notes de cours, la théorie linguistique semble avoir connu quelque évolution considérable au point que désormais on parle de linguistique moderne.
La linguistique moderne sous le double effet de la linguistique de l'énonciation et de la linguistique descriptive a remis au centre des débats la langue dans son ensemble. Pierre ENCREVE parle de « la linguistique remise sur ses pieds »1 pour dire que désormais l'analyse linguistique comportera non seulement un niveau interne qui conçoit la langue comme une structure laquelle suppose un certain ordre et d'autre part un niveau externe qui réhabilite la parole et donc le sujet parlant avec ses bégaiements, ses hésitations ses lapsus (linguae). C'est fort de cela que certains comme BEY2 parlent de la « linguistique du chaos » qui traduit « une esthétique du territoire frontière entre le chaos et l'ordre... » L'ordre étant la langue et la chaos la parole.
L'émergence de cette linguistique semble recevoir des oppositions tant épistémiques que sociales selon que l'on appartienne à une partie du monde donnée ou à une autre, selon que l'on soit tenant du structuralisme, du générativisme, du distributionnalisme ou autre courant.
Pour nous en rendre compte dans les faits, nous observerons avec intérêt la carte linguistique de l'Afrique car ce continent nous paraît poser d'énormes problèmes à l'éclosion d'une linguistique voulue partout ailleurs moderne et partant à l'éclosion des sciences du langage et des langues en général.
Dans ce continent, nous y verrons notamment les difficultés qui existent quant au passage de l'oral à l'écrit; mais aussi celles que pose l'analyse scientifique des langues simplement. Difficultés souvent liées au traitement électronique de l'information sans oublier celles relatives à l'établissement des parentés linguistiques et des politiques linguistiques. D'un autre point de vue, nous verrons comment le bannissement des linguistiques dites de trait d'union comme la sociolinguistique, la psycholinguistique... pose un réel obstacle aux sciences du langage et des langues dans ce continent.
Mais avant, il conviendrait que l'on s'accordât sur ce qu'est une théorie linguistique et sur les attentes que l'on peut y formuler. Ceci toujours dans le but de montrer les disparités qu'oppose l'Afrique au regard des autres continents.
La théorie, du grec theôria, indique l'action d'observer. De façon générale, c'est un système de règles, de lois qui servent de base à une science et qui donnent une explication d'ensemble à un domaine précis de la connaissance (science). Ainsi, le darwinisme est une théorie qui explique l'évolution des espèces sur la terre.
Au regard de cette approche définitionnelle, toute théorie pose au moins un double problème: celui de la construction logique et celui du contenu observationnel et expérimental des faits. En clair, il y a lieu de se demander devant un fait donné quelle est la part de l'expérience et de la raison?
Cette question vous vous en doutez ne saura nous occuper plus longtemps maintenant car il nous faut trouver dans les faits les problèmes que pose l'Afrique à la science du langage et des langues au XXIième siècle.
En linguistique, toute grammaire repose sur l'hypothèse formulée ou implicite d'une théorie générale qui sous-tend l'existence d'un trait commun à toutes les langues du monde. C'est ce que l'on nomme les universaux du langage.
Il convient déjà de dire que toute théorie s'accompagne nécessairement des modèles. Ces modèles permettent la confrontation entre hypothèses et données. Ainsi, et même si nous avons dit que nous n'en parlerons guère, la fiabilité d'une théorie (adéquation du couple raison/expérience) passe indispensablement par les modèles qu'elle permet de construire.
Postulons maintenant les attentes du linguiste devant toute théorie linguistique. Attentes qui se résument aux trois points suivant que nous empruntons au cours de Jules MBA-NKOGHE3 à savoir:
« 1- Expliquer le grand nombre de faits de langue
2- Comprendre ce qui, dans le fonctionnement du langage fait que l'on peut créer de nouveaux énoncés aussi bien dans la parole ordinaire que dans les usages particuliers en conformité à un système constitutif de chaque langue;
3- Définir la spécificité du travail du linguiste parmi les différentes disciplines qui ont affaire au langage ».
A présent, débattons du premier problème que pose l'Afrique à savoir du rapport entre l'oral et l'écrit.
On entend très souvent dire que l'Afrique a une culture de l'oralité alors que l'occident par exemple a celle de l'écriture. Ceci n'est en réalité pas vrai car tout repose sur l'oral d'abord. Puisque tous les systèmes d'écriture ne sont que des représentations à posteriori de la langue orale. De ce point de vue, l'Afrique comme l'occident ont un bien premier et commun c'est l'oralité.
Cependant, en occident le désir de tout transcrire est fortement exprimé et porte des fruits sans précédents. Toutes les générations anciennes laissent des marques écrites pour les suivantes ainsi, la science ne se trouve que mieux servie. De ce fait, les correspondances dans la recherche en diachronie apparaissent moins hypothétiques et les conclusions tirées plus plausibles. C'est certainement la raison pour laquelle, au XIXième siècle, on n’eût pas grande peine à établir les correspondances de l’indo-européen alors que l’établissement des correspondances du proto-bantu ne sont qu'à un stade de balbutiement.
Le danger de voir dans l'oralité une fin ultime est un réel obstacle pour les linguistes qui, dans leurs différentes enquêtes sont souvent obligés de dissimuler leurs crayons et magnétophones pas nécessairement pour que les informateurs restent naturels; mais parce que c'est la condition que posent souvent certains des informateurs pour livrer le savoir qu'ils ont. Autrement dit qu’ils acceptent de leur transmettre le savoir dont ils sont dépositaires à la condition que rien ne sont enregistré sinon que par les cinq sens dûment reconnus ! De ce point de vue surviennent deux problèmes. Le premier est que le linguiste apparaît dans ces conditions comme une espèce de griot qui devra tout retenir. L'autre problème est la perte totale de la langue lorsque le dernier locuteur mourra. Ainsi, en Afrique lorsque le dernier locuteur meurt cela n'a pas la même incidence qu'en occident car ici, nous avons très souvent des traces écrites, témoin de cette langue qui a été. De fait, on peut parler de langue morte à l'instar du latin or ceci n'est pas souvent possible en Afrique et au Gabon car nombreuses sont les langues qui meurent sans laisser de traces. On comprend mieux ici Hampaté Bâ dans sa célèbre phrase:«Un vieillard qui meurt, c'est une bibliothèque qui brûle».
A ce premier problème, il faut lui adjoindre celui plus générique des conditions de l'analyse linguistique. Prenons, pour plus de clarté le cas de l'Université du Gabon qui compte depuis seulement 1994 un département des sciences du langage et des langues. En calir, ce département est né un siècle après l'institution de cette science sous un jour nouveau par de SAUSSURE. Depuis cette création, le bilan reste plus que mitigé : aucun étudiant peut attester avoir fait de réels travaux dirigés en phonétique par exemple. Comment enseigner les organes phonateurs, le passage de l'air source de voix dans chacun de ces organes quand l'étudiant n'est même pas sûr de pouvoir les distinguer mais d'abord les connaître les uns les autres ? Les appareils: sonagraphe, synthétiseur de la parole, radiocinématographie, kymographe, oscilloscope et autres, si les professeurs en parlent, ils savent bien que leurs étudiants n'en ont jamais vus et ne les verront peut-être jamais si les portes de l'occident ne s'ouvrent pas à eux. De ce point de vue, on peut douter de certaines analyses produites par certains linguistes en puissance.
Aujourd'hui, on parle du traitement informatique de la langue pour un meilleur établissement notamment des correspondances en vue d'établir les parentés linguistiques. Alors que le matériel cité plus haut est déjà rudimentaire en occident, en Afrique et au Gabon en particulier son acquisition est encore de l'ordre du mythe.
D’autre part, très peu de pays africains ont une politique linguistique. Simplement parce que le politique bâillonne la science et y voit d'abord le moyen exprimé pour propulsé son ethnie. Ainsi on reste sans politique linguistique et on veut tout de même s'attaquer au problème de l'introduction des langues nationales en milieu scolaire.
Notre petite expérience de linguiste en puissance nous permet de croire que le problème des langues nationales restera entier au Gabon et partout ailleurs en Afrique si la question de l'aménagement linguistique demeure en son état actuel donc inexistante.
Parce que l'usage de la langue obéit aux exigences des peuples qui sont dans les rues et non dans les bureaux des politiques.
Jusque là, les linguistes semblent avoir été les victimes expiatoires de l'espace africain dans lequel ils exercent leur fonction malgré tout.
Cependant, certains d'entre eux sont ce que l'on pourrait appeler des linguistes grégaires. Si le débat entre linguistique interne et externe est sous jacent en occident, ici il anime encore bien des passions. Pour d'aucuns, souvent tenants de la vieille école linguistique, les sciences du langages et des langues sont une science qui travaille sur « la langue en elle même et pour elle même ». On aura reconnu le principe d'immanence édicté par de SAUSSURE pour libérer l'analyse linguistique des spéculations des philosophes grecs. Cependant, c'est sur ce principe que se sont arrêtés et s'arrêtent encore certains linguistes (dans leur grand nombre) en oubliant que ce même de SAUSSURE précise plus tard : « Plus on étudie la langue, plus on arrive à se pénétrer de ce que tout dans la langue est histoire, c'est-à-dire qu'elle est un objet d'analyse abstraite, qu 'elle se compose de faits, et non de lois, que tout ce qui semble organisé dans le langage est en réalité contingent et complètement accidentel? »4
Par ces paroles, le père de la linguistique moderne, vient pour donner encore de l’audience à ENCREVE qui parle de « remettre la linguistique sur ses pieds »5.
En clair, il vient par là restituer la langue à la société qui est sa vraie patrie. De ce fait, on comprend l'émergence des linguistiques dites de trait d'union qui ne participent qu'à une volonté celle de l'analyse de la langue et du langage en intégrant un facteur non moins important, l'homme.
Ceci est d'autant plus important que les hommes vivent en communauté parce qu'ils parlent d'abord la même langue et les langues ne sont jamais partout identiques comme nous le rappelle de SAUSSURE: « C'est que toute langue en elle même a une histoire qui se déroule perpétuellement, qui est faite d'une succession d'événements linguistiques, lesquels n'ont point eu de retentissement au-dehors et n'ont jamais été inscrits par le célèbre burin de l'histoire,; de même qu'à leur tour ils sont complètement indépendants en général de ce qui se passe en dehors »6
Ainsi, le linguiste 'grégaire' doit changer de paradigme, mieux avec MOUSSIROU-MOUYAMA, il doit s' « affranchir de sa position idéologique, du lieu où il parle et observe la langue, (car) la conception d'une continuité de la langue dans le temps va bien au-delà, sur le plan de l'épistémologie de la science du langage... »7
Demeurer dans ces positions serait faire montre de cécité au regard de vrais défis que posent aujourd'hui les sciences du langage et des langues aux linguistes du monde devant les questions de diversité linguistique et culturelle, de contact des langues et des peuples.
Le débat autour des sciences du langage et des langues occupe en Afrique une place importante. Nous avons vu que très souvent les linguistes sont interdits d'agir d'une façon à peine voilée de la par des politiques.
Conséquences majeures, on voit ici et là-bas, d'un pays à l'autre de ce continent des problèmes de tous ordres aussi bien institutionnels que logistiques
On est en droit de dire que les sciences du langage dans cette partie du monde sont malades
Si les premiers responsables de cet état de fait, à notre avis, sont les politiques, les linguistes eux-mêmes ne sont pas en reste du fait de leur peur de la confrontation scientifique.
Alors, nous restons sceptiques quand des linguistes comme Anatole MINKA du Cameroun travaillent à trouver un espéranto pour permettre aux Africains de se comprendre entre eux quelque soit le lieu des débats et quel que soit l'ampleur de ceux-ci à l’UNESCO, l’ONU ou autre.
En plus que penser de cet espéranto autrement que de façon relative quand il prend ses assises sur le français, langue du colon ?
|
|
|
|
 |
Et la science est émotion!
|

"L'émotion est nègre comme la raison est hellène" quuand ces paroles furent prononcées par SENGHOR, des réactions des plus épidermiques et non point des plus acerbes se firent jour.
Les personnes qui émettaient ces réactions, d'une facture intellectuelle avérée, voyaient dans la pensée du chantre de la Négritude un paradoxe, prsqu'une hérésie au point que le gibet des condamnés fut pour lui monté.
J'étais alors absent du débat parce qye, absent de ce monde certaienment!
Aujourd'hui, il faut peut-être exhumer le palabre pour mieux lire la pensée du visionnaire SENGHOR puisque le recul qu'impse le temps nous le permet.
De mon point de vue et me livrant à une lecture priamaire, la pensée de l'enfant de Joal peut prendre la forme mathématique ci-après:
Homme + sens + danse = Africain (Noir)
Homme + esprit + construction = Occidental (Blanc)
Pour l'ébène que je suis moi même, une telle équation ne peut être autrement que répugnante, je le confesse.
Cependant, transcendant tant soit peu la répugnance et lisons objectivement la pensée de notre frère.
Vous serez d'avis avec vous même que les Gabonais sont des Africains ou si vous voulez des Noirs.
Vous serez encore d'avis pour reconnaître que l'atitude qu'ils affichent particulièrement dans les administrations est pour le moins honteuse: des agents qui se présentent à leur travail en fin de matinées, des paroles discourtoises à l'ndroit des populations surtout auprès de ceux qui n'aborent ni costume ni cravate...
une précision est untile, nous jugeons selon l'égrégore puisqu'il n'y a point de règle sans exception!
Au GABON donc, on fait par exemple des études de droit parce que, avant, un frère fût-il de descendance inceratine avait réussi lui même en droit.
C'est la notion du "grandfrèrisme" développée par l'immortel MONSARD.On jouira de fait de la bibliothèque de ce dernier, mieux des accointances qu'il aura eu dans ce pan du savoir et donc des dvoirs avec corrigés. Rien est ici impossible!
Pis encore, dans ce pays, les savoirs ont cessé ou cessent d'être intellectuellement évalués et les moyennes sont donc naturellement "sexuellement transmissibles.
Question, SENGHOR eut-il tort?
Ce qui est le plus à plaindre c'est que cette culture de l'émotion est cultivée par l'élite intellectuelle au point que l'équation est désormais:
Homme + sens + danse + hellénisation = Êlite africaine
Un jour, j'eus l'occasion de m'entretenir sur les possibilité après le bac avec un cadre de l'Université. Ce monsieur me dit sans coup férir qu'"il faut toujours penser au frères ou au cousin de sa maîtresse au cours des examens et concours quand ce n'est pas celui de la femme légitime!"
Je compris alors que beaucoup d'entre nous ne sommes là où ne sommes que la chaleur des émotions exhumées. Quelle honte!
Pour d'autres scintifiques, les frontières de la science depuis leur dernière tasse de thé avec Hellène n'ont point évolué. Même quand on sait que cette dernière tasse fut prise il y a une voire deux décennies. Allez-y comprendre!
fort de cette situation, ceux qui sortent à peine du salon de thésont souvent taxés de vendeurs d'illusions et bien d'autres qulificatifs encore.
Pourquoi? Simplement parce que développant des théories encore insoupçonées il ya quelques temps mais qui font pourtant maintenant là bas école!
Un jour je surpris des étudiants reprenant leur professur dans cette phrase qui lui est, disaient-ils, leitmotiv:"On ne peut pas changeur l'histoire de la GRECE!"
Comprenez mar là que la science ici ne saurait avoir d'évolution, comprenez que les cours dovent être rendus à la virgule près...
Ainsi, convaincus d'être parvenus au coeur des problèmes, le dogmatisme règne en maître et l'émotion fait parler d'elle. Alors, faut-il gronder SENGHOR?
|
|
|
Latest Posts
Monthly Archive
Change Language
14642 views
|
 |